La Cryothérapie pour les particuliers

Des molécules pour transformer les graisses blanches en graisse brunes et  permettre de brûler plus de calories.

La découverte

Il y a dans notre tissu adipeux les « bonnes » graisses, brunes, et les « mauvaises » graisses, blanches. Ces dernières s’accumulent dans nos bourrelets et augmentent nos risques de maladies cardio-vasculaires. Les graisses brunes, quant à elles, permettent, en brûlant des calories, de maintenir le corps à température constante.
Elles existent chez le nouveau-né et, chez l’adulte, persistent en plus ou moins grande quantité. Des chercheurs de Harvard ont découvert deux molécules qui pourraient transformer les graisses blanches en graisse brunes, et donc permettre de brûler plus de calories.

Comment ça marche ?

On commence en effet à mieux connaître le tissu adipeux qui a une si mauvaise image. « C’est un véritable organe, il sécrète des substances qui interagissent avec le cerveau, le foie, les muscles et notre système immunitaire. En cas d’obésité, tous ces échanges sont perturbés car le tissu adipeux devient malade », affirme le Pr Karine Clément, de l’Institut de cardiométabolisme et nutrition de la Pitié-Salpêtrière (Paris <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/paris> ).

Mais il y a graisse et graisse, distinction mise en évidence il y a plus de vingt ans. Dans le cadre d’une mauvaise alimentation (trop gras et sucré), et d’une vie sédentaire, l’apport en calories est bien supérieur aux dépenses, et on stocke l’excédent sous forme de graisses blanches. Et puis il y a le tissu adipeux brun, très riche en mitochondries : en brûlant lipides et glucose, ces mini-usines énergétiques de nos cellules produisent la chaleur nécessaire au maintien de la température corporelle du nouveau-né. En effet, les nourrissons n’ont pas encore le réflexe du frissonnement qui permet de produire de la chaleur pour lutter contre le froid. D’ailleurs, cette graisse brune abonde chez les mammifères, en particulier chez ceux qui hibernent : ils vivent sur cette réserve pour garder leur corps chaud.

On a longtemps cru que cette bonne graisse n’était présente que chez les nouveau-nés, mais plusieurs études publiées en 2009 ont montré que l’adulte en gardait une plus ou moins grande quantité. Chez lui, elle est située essentiellement au niveau du cou, des aisselles et autour de la colonne vertébrale. Les individus qui en ont le plus sont en général plus minces,
et ils courraient moins de risque de souffrir d’un diabète de type 2, car la graisse brune participerait aussi à la régulation de la production d’insuline. On comprend donc que les chercheurs essaient de développer notre production de graisse brune, pour lutter contre l’obésité et le diabète.

Première piste : le frissonnement et une activité physique modérée augmenteraient la transformation des graisses blanches en graisses brunes. C’est ce que confirme une étude parue début 2014 dans la revue Cell Metabolism <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/cell-metabolism> .
Mais des équipes américaine et toulousaine ont également identifié une protéine, la PRDM16 <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/prdm16> , présente en grande quantité dans les adipocytes (cellules graisseuses) bruns. Lorsque l’on insère le gène à l’origine de cette protéine dans les tout jeunes adipocytes blancs, ils se transforment en adipocytes bruns. La prochaine étape pour les chercheurs consistera à effectuer des tests sur des souris, en augmentant leur niveau de PRDM16 et en vérifiant qu’elles brûlent alors plus de calories.

 Autre espoir pour les non-sportifs : des chercheurs de l’université d’Harvard ont découvert deux molécules qui seraient capables de convertir la graisse blanche en graisse brune. Une étude publiée début décembre 2014 dans la revue Nature <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/nature> Cell Biology <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/cell-biology>  a été menée sur des cellules souches converties en adipocytes. « Ces deux molécules freineraient une succession de réactions biologiques nommée JAK <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/jak> /STAT, qui conduit à l’accumulation de graisse blanche », explique le Pr Karine Clément. Elles libéreraient ainsi la production de la protéine UCP1 <http://actualites.leparisien.fr/laparisienne/ucp1> , permettant aux adipocytes de brûler des calories.